L'apprentissage
Notre environnement devrait être virtuel puisque l'espace qu'il est censé occuper est absent, et pourtant... Nous avons la sensation que tout est solide, que les volumes sont là, présents, occupant cet espace.
Comment arrivons-nous à percevoir les choses, à les appréhender alors que leur existence est incertaine ?
L'initiation à la réalité commence par un lent apprentissage dès les premières minutes de notre vie. L'enseignement que nous recevrons pendant cette période nous permettra de transformer cette virtualité en réalité, de nous persuader que toutes ces choses qui nous entourent existent, qu'elles sont bien là et que l'on peut les toucher.
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Ma réflexion
Nous nous nourrissons de l’expérience des autres pour pouvoir évoluer.
Que ce soit pour lire, manger, réfléchir, fabriquer, faire les choses en général, nous avons toujours besoin d’un modèle, d’un mode d’emploi. Il faut toujours commencer à apprendre avant de pouvoir réaliser correctement. Il en est de même pour créer, car une idée n’est jamais première. Elle est suggérée inconsciemment par des événements extérieurs, une image qui apparaît de façon furtive, un échange lors d’une rencontre, avoir été le témoin de phénomènes particuliers, en un mot, avoir été en présence d’une source inspirante.
C’est pourquoi, dès notre naissance, il nous faut apprendre pour vivre au sein d’un environnement qui peut s’avérer hostile si l’on n’en connaît pas les codes, son mode de fonctionnement. Il est indispensable d’apprendre à faire les choses, à les faire bien, avant de pouvoir les réaliser sans aide extérieure.
Lorsque l’on n’a pas la certitude que le présent existe, pourquoi alors faut-il apprendre à utiliser des choses qui pourraient ne pas exister ? Est-il si important que l’on soit convaincu du contraire ? Est-ce que ce lent apprentissage que nous avons entrepris dès notre naissance ne sert qu’à matérialiser notre environnement, à le rendre crédible ? Une crédibilité que l’apprenti ne cherchera jamais à remettre en cause. C’est peut-être ça, la foi.
La construction de la toile
J’ai cherché, dans cette toile, à opposer le monde virtuel et le monde réel. Le personnage avec son casque perçoit des images que son cerveau analyse. Il n’a pas besoin de toucher, il sait que ce qu’il vit à l’instant même est crédible, pourrait être réel. Les informations qui lui sont transmises réussissent à le convaincre que ce qu’il voit est vrai.
À l’inverse, l’enfant que j’ai représenté avec des cubes apprend dès les premiers instants de sa vie. Il ne sait pas si l’espace dans lequel il évolue existe vraiment. Son apprentissage consistera à le persuader que toutes ces choses qu’il touche sont bien réelles. Comme s’il était impossible qu’il puisse en être autrement, qu’il puisse en douter par la suite ?